Après ces choses, le fils de la femme, maîtresse de la maison, devint malade, et sa maladie fut si violente qu'il ne resta plus en lui de respiration. Cette femme dit alors à Elie : Qu'y a-t-il entre moi et toi, homme de Dieu? Es-tu venu chez moi pour rappeler le souvenir de mon iniquité, et pour faire mourir mon fils? Il lui répondit : Donne-moi ton fils. Et il le prit du sein de la femme, le monta dans la chambre haute où il demeurait, et le coucha sur son lit. Puis il invoqua l'Eternel, et dit : Eternel, mon Dieu, est-ce que tu affligerais, au point de faire mourir son fils, même cette veuve chez qui j'ai été reçu comme un hôte? Et il s'étendit trois fois sur l'enfant, invoqua l'Eternel, et dit : Eternel, mon Dieu, je t'en prie, que l'âme de cet enfant revienne au dedans de lui! L'Eternel écouta la voix d'Elie, et l'âme de l'enfant revint au dedans de lui, et il fut rendu à la vie. Elie prit l'enfant, le descendit de la chambre haute dans la maison, et le donna à sa mère. Et Elie dit : Vois, ton fils est vivant. Et la femme dit à Elie : Je reconnais maintenant que tu es un homme de Dieu, et que la parole de l'Eternel dans ta bouche est vérité." (1 Rois 17:17-24)
La chose même qu'Elie accomplit avec ce fils mort sur son propre lit est ce que Christ est venu accomplir sur la croix, et c'est uniquement en l'accomplissant que le salut est venu. Ils ont tous les deux pris la mort sur eux, ils se sont identifiés au péché, qui, en lui-même, est la mort. Le Seigneur, en union avec l'humanité adamique, a pris position pour elle, et a été fait un avec elle en l'embrassant dans toute sa puanteur. Quand Jésus a dit : "Que cette coupe s'éloigne de moi", ce n'était pas la prière d'un homme qui avait peur de la douleur physique, mais son identification avec le péché et la mort, ce qui était contraire à Sa propre nature de sainteté. Elie s'étendant sur un garçon païen mort est un écho et une image du même phénomène. C'est l'attitude de c½ur d'une personne disposée à embrasser la mort et à goûter la mort en échange d'autrui. C'est comme si le prophète, en s'étendant sur le garçon mort, disait : "Prends la vie qui est en moi et communique-la lui." Il y a là une telle identification et un tel abandon de sa personne pour le garçon, qu'il n'y aurait pas eu de résurrection s'il s'était simplement tenu poliment au pied du lit. Sa prostration était nécessaire. Cette union avec la mort est le fait d'embrasser la croix.
Il est dit qu'Elie s'étendit sur le corps trois fois. Pourquoi la première fois n'a-t-elle pas été suffisante? Dieu requérait un acte entier, un abandon final et un tel état d'identification avec cette chose, qu'à moins que Dieu ne réponde Lui-même, vous êtes vous-même immergé dans cette mort. Il n'y a pas de résurrection pour lui et il n'y a pas de résurrection pour vous. Il y a eu une identification complète.
Elie a crié au Seigneur trois fois. Le Seigneur a entendu le cri d'Elie.
"La prière fervente du juste a une grande efficace. Elie était un homme de la même nature que nous : il pria avec instance pour qu'il ne plût point, et il ne tomba point de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois." (Jacques 5:16-17)
Elie n'était pas un spécimen exceptionnel de l'humanité. Le mot clé qui distingue la prière d'Elie qui eut un impact sur les éléments est l'ardeur. D'autres synonymes seraient : la ferveur, l'intensité et la passion, ou en d'autres termes, Elie a prié comme Dieu aurait prié. Il a prié dans le nom du Seigneur. Il a prié en gardant contact avec la nature constitutive et le caractère de Dieu, et Dieu a entendu cette prière, car elle était, en tant que telle, la Sienne. Ce qui rend la prière fervente n'est pas le tempérament de l'homme, mais sa justice. La prière d'un juste met à disposition une puissance époustouflante et est dynamique dans son opération. Il doit, par conséquent, y avoir une certaine conjonction entre la prière efficace et la stature spirituelle de celui qui prie avec Dieu.
Le cri d'Elie n'est pas un trait du tempérament humain, mais le propre cri de Dieu à travers un homme qui vit dans la dimension de Dieu Lui-même. C'est Dieu qui crie à Dieu. C'est une réponse profonde à quelque chose de profond dans un homme qui a passé à travers et au-delà des catégories religieuses, et se trouve dans la sphère de Dieu Lui-même. C'est là la clé de l'activité de Dieu de la fin des temps. Se faire comprendre, avoir de bonnes intentions, de bons principes, être religieux et sincère seront inutiles et vains. Le fils, ou ultimement la nation d'Israël, restera mort.